Est-ce que ce plan de soutien était vraiment nécessaire ?
A chaque crise, Pyrénées-Gascogne met en place des dispositifs de prêts bonifiés par le fonds de solidarité. Cette fois, le caractère général de la crise, la mobilisation nationale et la répercussion par les médias ont incité les agriculteurs à faire les demandes de prêt et ce dispositif a été très mobilisateur. Ainsi, grâce au Fonds de solidarité Pyrénées-Gascogne, nous avons accompagné plus du de 3800 agriculteurs de notre territoire. Etant donné la conjoncture dégradée sur toutes les filières, OUI, il fallait le faire.
Que répondez-vous à « c’est encore un prêt, cela peut mettre les agriculteurs en difficulté » ?
En période difficile, les agriculteurs ont souvent tendance à limiter leurs prélèvements privés, d’une part, mais aussi, pour certains, à ne pas faire certaines dépenses nécessaires pour l’exploitation. Lorsque cela se traduit, par exemple, par des impasses sur les engrais, sur des produits phytosanitaires essentiels ou sur des assurances, on peut aggraver la situation de l’exploitation. C’est pour cette raison que le prêt de fonds de roulement est vraiment une mesure utile. Bien sur, notre rôle est aussi de dialoguer avec l’agriculteur et de veiller, avec lui, à ne pas le surendetter.
Quelle a été l’approche des agences locales quant à ces prêts ?
Les agences locales se sont très fortement impliquées pour accompagner tous les agriculteurs qui souhaitaient faire des demandes. Sur ce point, je tiens à féliciter tous les conseillers des agriculteurs qui ont fait preuve d’une très forte disponibilité et réactivité. Au niveau de l’approche des dossiers, en tant que banque des agriculteurs, nous avons fait le pari que la situation allait s’améliorer. C’est pourquoi nous avons systématiquement donné suite aux demandes des agriculteurs.
Comment voyez-vous la suite ?
Les prêts de fonds de roulement ont donné un peu d’oxygène à notre agriculture. Néanmoins, pour beaucoup, il reste encore à proposer de nouvelles solutions. Ainsi, nous nous proposons de revoir certains de nos clients afin d’étudier avec eux comment trouver des marges de manœuvre. Pour cela, il faudra envisager des restructurations d’endettement. A ce titre, la dernière mesure du plan Sarkozy, le DACS (Dispositif d’Accompagnement Simplifié) est une forte incitation pour les agriculteurs à réfléchir à ce type de solution. Rappelons que les demandes sont à faire auprès des Directions de l’Agriculture avant le 30 avril.
La véritable question est : quand est-ce que les prix seront de nouveau au rendez-vous ?
Nous sommes persuadés que l’agriculture reste un secteur d’avenir. Nous continuons d’installer des jeunes. En revanche, il est indispensable pour les agriculteurs d’aujourd’hui de prendre en compte la nouvelle donne des marchés agricoles : si sur la durée, les cours doivent nécessairement croître, ils seront, c’est sûr, volatils.






