Vendredi dernier autour d’un café matinal “chez Courbet” à Sevignacq, les agences du Crédit Agricole de Morlaàs et Soumoulou donnent la parole à Jean Boue Laplace; Michel Dorgans ;Thierry Hauriau ; Marie-Pierre Lacoume ; Gilles Loustau ; Marc et René Menet. Ils sont éleveurs porcins ou d’un atelier de veau et ils vont nous parler de leur métier, de leurs attentes et de leur relation avec le Crédit Agricole.

Leur préoccupation majeure est cette crise qui malmène les entreprises en phase d’investissement, notamment les éleveurs porcins qui sont particulièrement touchés par cette situation :« au cours des quatre dernières années, nous n’avons pas connu une seule bonne année ». Le problème majeur étant l’absence de prix rémunérateurs comme en témoigne l’un des participants de la réunion : « Dans notre métier, c’est celui qui achète qui fait la facture ».

Au niveau de l’exploitation le seul levier reste la technique. Ces exploitants subissent les difficultés du marché mais ne se laissent pas faire : chacun d’entre eux a ainsi investi dans un silo tour qui leur permet de stocker leur maïs humide et donc d’éviter les frais inhérents au séchage. D’autres ont quant à eux achetés et vendus des céréales sur le marché à terme. Cette dernière opération s’est avérée complexe car elle nécessite un certain temps d’adaptation qui n’est pas toujours compatible avec la charge de travail.

Alors que l’agriculture sortait sur les ” rotules” de la campagne 2009, le gouvernement a lancé, en 2010, un plan de soutien général, pour que toutes les filières passent le cap à grand renfort de prêts de trésorerie à taux bonifiés. Mais ils reconnaissent aujourd’hui que cette solution tous azimuts n’était pas toujours adaptée. Ils attendent du cas par cas, des solutions personnalisées comme le report d’annuité mais cette cette voie ne convainc toutefois pas l’ensemble des exploitants présents puisque l’un réplique : « est-ce que ce n’est pas reculer pour mieux sauter ? ».D’autres pistes ont été évoquées : lutilisation des prêts à piloter qui permettent d’alléger les remboursements lorsque l’année est particulièrement difficile. L’augmentation du découvert autorisé est elle aussi une solution intéressante qui plait notamment de par sa souplesse mais aussi grâce à la facilité du pilotage par internet.

Tous apprécieraient que nous installions une relation de stabilité au sein des agences car ils conçoivent difficilement le changement de leurs conseillers tous les « quatre matins », ils ont besoin que nous les informions par SMS car le papier “ça part au panier”!

En conclusion, il ressort de cet échange que les éleveurs présents se sentent accompagnés par leur conseiller du Crédit Agricole mais le contexte est ce qu’il est. A long terme il semble primordial que la conjoncture s’améliore effectivement sans quoi on ne fera que repousser le problème des éleveurs qui se trouveront dans les mêmes difficultés au cours des années à venir.

Après ce riche échange, un  buffet gourmand   préparé par nos hôtes a permis de prolonger les discussions dans la convivialité.

Article de Michael Junqua,  élève ingénieur de l’école de Purpan et stagiaire sur l’agence de Morlaàs.

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