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L'AG de la FDCUMA à MoneinChaque année, il y a au moins un évènement que je ne raterais pour rien au monde : c’est l’Assemblée Générale de la Fédération des CUMA.

En cette période de crise encore plus qu’en temps normal, cela apporte une bouffée d’oxygène. Pendant quelques heures, on ne parle que de projets, de coopération, de l’avenir

Tout d’abord, un tout d’horizon de l’année écoulée en quelques chiffres:

Les CUMA se portent bien. Elles sont aujourd’hui 165 adhérentes de la Fédération des CUMA 64. Elles regroupent 3900 exploitations. Leur chiffre d’affaire a augmenté de 3 % en 2009 et leurs investissements de 15 %. La principale explication semble être le contexte difficile que l’agriculture subit. Dans cet environnement chahuté, les agriculteurs sont plus nombreux à faire le choix de l’achat et l’utilisation de matériel en commun.

En raisons du coût de plus en plus important et de la monoculture sur certaines zones, la coopération intercuma est de plus en plus de mise y compris avec d’autres départements (Gers, Aveyron…) pour bénéficier des complémentarités (périodes de forte utilisation décalées, usages différenciés).

Les CUMA sont impliquées dans différentes actions environnementales :

  • le compostage (2 CUMA pour 320 adhérents)
  • l’amélioration des pratiques (gestion et valorisation des effluents d’élevage, amélioration des pratiques de fertilisation et traitement)
  • économies d’énergie et production de biomasse (200 diagnostics tracteurs, collecte pour le recyclage des plastiques agricoles, bois énergie).

La table ronde portait sur le thème “CUMA 2020 ? = Anticipons !”

Cette année, les invités comme les organisateurs ont délivré le même message : face aux contraintes de l’environnement social, économique et, de plus en plus, environnemental, il existe une solution : la CUMA.

Quelques paroles glanées, pas tout à fait au hasard, au fil des interventions :

“Il faut changer de posture. Nous les agriculteurs devons cesser de nous comporter en dominants et nous ouvrir à la société civile.”

“En Allemagne et en Belgique, où les contraintes environnementales sont bien plus rigoureuses qu’en France, les agriculteurs ont réussi à s’adapter et à transformer ces contraintes en atouts. En France, on préfère repousser, sans cesse, les problèmes.”

Les actes des CUMA, illustrés par des chiffres, les discours, emprunts de réalisme, mais aussi d’optimisme, démontrent que les adhérents des CUMA sont complètement en phase avec leur époque ce qui est, à coup sur, la meilleure façon de préparer 2020 !

L’AG de la FDCUMA à Monein

L’équipe des rédacteurs souhaite une très bonne année 2010 à tous ceux qui ont l’amabilité de naviguer sur ce blog.

Nico, Marie et Carole

Envoyez une e-cardVidéo des voeux 2010

 

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En cette période si proche de Noël, une pensée idéale m’envahit ….et si pour une fois, la solidarité pouvait l’emporter face au chacun pour sois. Vous, agriculteurs, êtes sans aucun doute ces hommes et ces femmes qui conservent encore ce plus d’humanité qui nous manque tant. Je me souviens de mon expérience de terrain auprès de vous, où à chacune de mes visites vous m’offriez une part de gâteau partagée autour du café….et je repartais bien souvent les bras chargés de bonnes choses de la ferme.

Alors en ces temps laborieux, je pense qu’il faut s’accrocher davantage à ces valeurs. Les Prêts de Reconstitution du Fond de Roulement du plan du Président SARKOZY – PSEA- doivent en priorité aller vers ceux d’entre vous ayant connu de profonds problèmes de trésorerie.

Le Crédit Agricole  Mutuel Pyrénées Gascogne, en tant que banque mutualiste, responsable et solidaire a décidé d’accompagner un maximum d’agriculteurs et d’agricultrices à passer ce cap difficile.

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energie-solaire

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que le Crédit Agricole Mutuel Pyrénées-Gascogne a structuré et formalisé son offre de financement photovoltaïque à destination des agriculteurs et des professionnels. Rappelons les clés de la réussite : de la souplesse pour la mise en place de l’échéancier et pour le paiement des échéances qui sont modulables en fonction de la production solaire réelle.

Un an après, donc, il est temps de faire un bilan. Aujourd’hui, nous sommes fiers d’avoir financé 72 porteurs de projet, à 80 % des agriculteurs et à 20 % des professionnels. Le montant moyen des dossiers est de 270 000 €. Bien sur, ce n’est qu’un début : chaque trimestre depuis le début de l’année 2009, nous donnons 50 % d’accord de prêt de plus que le trimestre précédent !

L’objectif fixé par le Conseil d’administration de Pyrénées-Gascogne il y a un an est donc en bonne voie pour être atteints : donner aux agriculteurs et aux professionnels, l’opportunité de diversifier leurs revenus et d’investir dans le développement durable. On peut aujourd’hui affirmer que la Caisse Régionale est, de loin, le premier financeur des projets photovoltaïques sur son territoire.

Enfin, ces derniers mois marquent également le début des premiers projets cofinancés par la Caisse Régionale. Les exploitants de ces projets, ne souhaitant pas investir seul et porter le risque en totalité, ont sollicité la Caisse Régionale qui a investi à leurs cotés.

Demain, l’environnement réglementaire du photovoltaïque peut évoluer et les prix de rachat baisser, nous savons que nous continuerons de financer des projets photovoltaïques afin de créer une nouvelle valeur ajoutée sur le territoire.

lapins

Histoire d’une jeune agricultrice qui n’a pas peur de sortir du cadre…

 

 

 Emeline, vous êtes fille d’agriculteur dans le Gers, récemment installée JA en élevage de lapins de chair…Pourquoi les lapins ? C’est une vocation ?

 

Après mes études à l’Ecole Supérieure de Commerce d’Avignon, j’ai été pendant 5 ans « chef de rayon » dans diverses enseignes de grande distribution. Passionnée par le commerce, c’est un métier qui m’a parfaitement convenu un certain temps. Mais l’envie de créer ma propre entreprise a ensuite pris le dessus.

 

Je me suis alors rapprochée de l’exploitation familiale. Mon père, aujourd’hui à la retraite, exploitait environ 90 hectares. La SAU a augmenté de 45ha il y a 10 ans, lorsque ma sœur s’est installée JA. Elle a implanté deux bâtiments avicoles de 400m² en poulet du Gers.

 

En cherchant à m’insérer sur la ferme avec un projet me procurant une activité à temps plein, et participant à l’amélioration de l’exploitation dans son ensemble, le choix des lapins n’est pas arrivé par hasard.

Je souhaitais une activité très pointue techniquement, et « sans plumes », plutôt « propre ». C’est seulement à ces conditions que j’acceptais de m’engager sur de nombreuses années. L’élevage cunicole est alors apparu comme une possibilité…

Après quelques recherches et discussions, nous sommes arrivés à un consensus familial, et nous avons conclu qu’un tel projet serait bénéfique pour l’exploitation dans son ensemble, car il fournirait un volume très important d’un fumier riche en Phosphore et en Potassium. Le prix des engrais étant ce qu’il est, c’était une raison supplémentaire de valider mon premier choix ! L’aventure a pu alors démarrer.

 

 

Comment vous êtes vous préparée ?

 

La chambre d’agriculture du Gers m’a donné les coordonnées du groupement de producteurs de lapins le plus proche, situé en Aveyron. La plupart des élevages du sud-ouest y sont rattachés (environ 40). Accompagnée de leur technicienne, j’ai visité les 2 élevages les plus proches de chez moi, autour de Maubourguet. Cela a conforté mon choix et j’ai lancé la procédure d’installation en tant que JA.

 

Le début fut un peu délicat, puisque étant salariée tout au long de la mise en place du projet, j’ai dû poser un congé sans solde de deux mois pour partir en stage dans un élevage en Aveyron, afin de valider mon stage 6 mois.

Heureusement pour moi, j’ai toujours eu d’excellentes relations avec mon employeur, qui m’a tout de suite soutenu dans mes démarches.

 

Avez-vous rencontré des difficultés pour mener à bien ce projet ?

 

C’est peu de le dire ! J’ai été confrontée à la lourdeur et la lenteur des procédures administratives qu’il faut mener pour s’installer JA, et au manque de concertation entre les différentes instances.

J’ai d’abord essuyé un refus pour mon permis de construire, au motif « risque de nuisances des lapins». Ce refus ne m’a été notifié que 3 jours avant la date limite, et la DDE me demandait de repousser mon bâtiment plus loin que les 100m légaux depuis les habitations. Je n’ai pas accepté que l’on me demande d’implanter mon bâtiment plus loin que ne l’exigeait la loi, car c’est moi qui, pendant de nombreuses années, allais devoir m’y rendre à pied plusieurs fois par jour! J’ai donc déposé un recours gracieux à la Préfecture. De nombreux témoignages de soutien sont venus compléter mon dossier, dont un appui marqué du syndicat des JA. Trois semaines plus tard, seulement, M. le Préfet m’octroyait mon si cher permis de construire !

 

Les travaux n’ont pu démarrer qu’au mois de novembre, avec un des hivers les plus rigoureux que nous avions connu depuis 10 ans. Tous les intervenants sur le chantier ont travaillé jusqu’à fin janvier dans la boue, le froid, et en plein vent !

Ces péripéties m’ont pris beaucoup d’énergie. Je ne regrette rien, mais je si j’avais su combien il faudrait se battre, je ne sais pas si j’aurais trouvé la motivation nécessaire à la mise en place d’un tel projet.

 

Et puis la dernière difficulté, pourtant insoupçonnable, est venue de l’entourage.

Le Gers était en effet un des premiers départements producteurs de lapins de chair de France il y a 30 ans. Aujourd’hui, j’ai construit le seul gros élevage gersois. Tous ont arrêté à la retraite, ou se sont reconvertis en aviculture. J’ai rencontré des personnes envahies de souvenirs d’élevages fragiles et trop peu rentables, avec de forts taux de mortalité à l’époque.

Il a fallu que je déploie beaucoup d’énergie pour vaincre leur scepticisme, et leur expliquer les énormes progrès techniques qui permettent aujourd’hui de tenir un élevage très pointu avec un suivi sanitaire irréprochable.

La Vendée ou le Nord de la France comptent parfois plus de 10 élevages par commune ! En tant que gersois, sommes-nous moins capables qu’eux ?

 

Le temps des clapiers au fond d’une grange et bel et bien révolu ! Aujourd’hui, un bâtiment d’élevage cunicole, c’est 500 cages mères minimum, c’est à dire 600 femelles reproductrices, et pratiquement 4000 lapereaux à la vente toutes les 6 semaines.

 

Suite au prochain numéro…

 

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