J’ai assisté au conseil d’administration de CAMPG. Grande a été ma surprise de voir comme premier point inscrit à l’ordre du jour “La sécheresse” alors qu’on a roulé sous la pluie pour arriver au conseil et qu’il avait plu pratiquement toute une semaine durant. Bon, rien d’étonnant me diront certains parce que, non seulement la France connait une sécheresse au vu de ses précipitations habituelles, mais aussi que le Crédit Agricole accorde une grande importance au secteur agricole pour des raisons que nous connaissons. Mais mon étonnement est pour deux raisons d’une part la promptitude de la réaction des acteurs concernés (pouvoirs publics et secteur privé) et d’autre part la capacité de ce secteur à être considéré malgré qu’il ne pèse pas autant sur le plan économique (-2% du PIB et de la population active). Ce qui n’est pas le cas au Sénégal ou les paysans sont quasiment des laissés pour compte alors que le secteur fait travailler 70% de la population active. Le mal de notre secteur agricole, de nos pays je dirais est l’insuffisance du soutien à ce secteur, de l’indifférence des pouvoirs publics au mal être du monde rural.
Un autre élément qui me semble fondamental et je vais terminer par ça, est cette différence qu’il y a quand on caractérise ces hommes et femmes qui assurent la nourrir de la planète. En effet, ici en France on parle d’agriculteurs c’est à dire un acteur de la vie économique qui a un statut, qui a la possibilité de choisir son métier, d’avoir une protection sociale, en somme qui peut donner un sens à sa vie, alors qu’au Sénégal on parle de paysans qui sont symbole de pauvreté, de misère, c’est à dire une communauté qui n’a aucun privilège, qui n’a aucune maitrise sur sa vie. Au Sénégal et dans la plus part des pays du Sud on nait paysan mais on ne le devient pas, ce n’est pas une activité que l’on choisit.
Depuis un mois, nous avons le plaisir d’accueillir à Serres Castet un jeune ingénieur sénégalais, Mass N’Diaye. Les échanges très riches que nous avons avec lui au quotidien, nous avons voulu vous les faire partager.
Au travers de ce post et de celui de cette fin de semaine, nous souhaitons vous faire partager les impressions de Mass qui découvre notre région, notre agriculture et notre Caisse Régionale. Vous découvrirez d’abord un bref descriptif de l’agriculture sénégalaise. Ensuite, Mass nous livrera son “rapport d’étonnement” sur notre agriculture.
Alors, la parole est à Mass.
Avec une superficie de 196 200 Km2 le Sénégal est un pays du sahel dominé par un climat de type tropical avec deux saisons: la saison des pluies qui dure 3 mois avec des précipitations de 100 mm à 700 mm et la saison sèche qui dure 9 mois. La population du Sénégal est estimé à 12 millions d’habitants avec plus de 60 % vivant en milieu rural. Le secteur agricole à lui seul emploie près de 70% de la population active et est la principale source de revenu de ces populations. Cependant la part de ce secteur dans la formation du PIB ne cesse de diminuer et représente aujourd’hui 20% du PIB. Dès lors, il est aisé de comprendre pourquoi le Sénégal fait partie des pays qui ont un revenu par tête d’habitant le plus faible (1648 dollars). On peut se demander comment un secteur qui emploie plus de 60% de la population active n’arrive pas à avoir une part importante dans la formation du PIB.
L’agriculture sénégalaise est essentiellement pluviale et saisonnière ce qui fait qu’elle est sujette aux variations climatiques. Elle a la particularité d’être adossée à des structures productives de bases constituées par les exploitations agricoles familiales. Ces structures connaissent un processus continu de fragmentation, elles sont de petites superficies avec en moyenne 1 à ¼ ha par actif, des sols dégradés, un faible accès à la mécanisation et aux fertilisants. La faiblesse de la productivité et des revenus agricoles et ruraux limite les capacités d’accumulation et d’investissement des exploitations agricoles qui sont très vulnérables aux chocs climatiques. La majeure partie des exploitations cultivent sur des régimes fonciers traditionnels et pratiquent des assolements traditionnels. Ces assolements sont élaborés sur la combinaison entre cultures de rente (arachide, coton) et cultures vivrières (mil, maïs, sorgho riz) suivant les différentes zones agro écologiques . Il faut noter cependant que depuis presque une décennie la tendance est au déclin de la culture de l’arachide qui s’explique par la crise du secteur. Elle s’est traduite par une plus grande diversification de la production vers des produits vivriers, l’exploitation des ressources forestières non ligneuses et l’élevage.
Aujourd’hui les défis majeurs de l’agriculture sénégalaise sont de pouvoir nourrir sa population et de garantir des revenus suffisants aux paysans. Ces défis ne sauront être relevé que si les conséquences des aléas climatiques tels que la sécheresse sont maîtrisés . La question de la maitrise de l’eau doit être inscrite comme une priorité, parce que le potentiel existe. Le Sénégal ne peut pas prétendre à une agriculture performante si la question de la maitrise de l’eau n’est pas réglée. Cette maitrise de la variabilité climatique doit se traduire aussi par la mise en place d’un dispositif de soutien et de sécurisation des productions en cas de calamités à l’image de ce qui se fait en France.
La compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG) est historiquement une société d’aménagement régional à destination des régions Midi-Pyrénées et Aquitaine.
Elle a pour objet principal de concourir à l’aménagement, à l’équipement et au développement économique de ces deux régions pour le compte de collectivités et d’entreprises privées. Elle intervient aussi en Vendée, Poitou-Charentes ou Bretagne et à l’international (Maroc, Nigeria, Sénégal…) où sa compétence dans la gestion de la ressource en eau est particulièrement appréciée.
Ses domaines de compétences sont reconnus et complémentaires :
- Valoriser le patrimoine hydraulique dont elle a la charge,
- Initier des projets de développement,
- Réaliser des équipements publics et privés,
- Développer des filières économiques locales.
Sa mission « Aménager le territoire et gérer l’eau », l’a conduite à proposer aux irrigants individuels, en partenariat avec le Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne et à travers le prêt AGILOR, des solutions de financement afin de faciliter l’achat du matériel suivant :
- station individuelle d’irrigation (électrique ou diesel) ;
- conduites de desserte de la parcelle (PVC enterré) ;
- toute la gamme de matériel de surface passant de l’enrouleur, au pivot et rampe mobile jusqu’à la couverture intégrale.
Au-delà de cette vente de matériel à la parcelle, la CACG peut également intervenir pour l’aménagement des réseaux collectifs (dans le cadre d’une ASA ou structure collective) mais également en SAV ou dans le cadre d’un contrat d’entretien.






